Le pari audacieux du village de Plei Ngol
De l’exclusion à l’autonomie Au Viêt Nam comme dans les autres pays endémiques, la lèpre se développe sur le terreau de la pauvreté. Pauvres parmi les pauvres, les lépreux sont voués à survivre dans une société exsangue qui ne peut pas s’occuper d’eux. C’est pourquoi la Fondation Raoul Follereau s’est lancée, en 1998, dans la construction du village de Plei Ngol, destiné à accueillir des lépreux et leurs familles.
Sur un terrain vierge des Hauts Plateaux, 24 petites maisons sont sorties de terre. À chacune des familles de lépreux venues s’installer, un titre de propriété individuelle a été remis, ainsi qu’un terrain. Quatre hectares de terre à cultiver en commun ont également été alloués au village. Des plans d’encens et de poivriers ont été fournis à chacune des familles et le champ communautaire a été dédié à la culture du café. La saisonnalité des récoltes permet aux habitants de pouvoir subvenir à leurs besoins toute l’année.
Un village qui sauve 9 ans plus tard, les résultats sont là…
Avec le temps, Plei Ngol est devenu un vrai village. Le dispensaire est ouvert. L’école fonctionne, on entend les enfants réciter leurs leçons. Devant sa petite maison, une ancienne lépreuse, le sourire jusqu’aux oreilles étale son café pour le faire sécher. Des femmes ramènent le troupeau des champs, on est loin des deux vaches et deux taureaux du départ.
La récolte cette année a été bonne, et le café se vend l’équivalent d’un euro le kilo sur le marché, de quoi faire vivre les familles, en attendant les ventes d’encens et de poivre…
L’impulsion donnée par la Fondation se révèle un succès. Les villageois de Plei Ngol peuvent être fiers du témoignage de courage et d’ouverture réciproque qu’ils nous donnent !
Leur volonté de constituer une vraie communauté est exemplaire. Dans cette perspective, ils nous demandent de les aider à construire leur maison commune : autour de leur chef, ils pourront s’y retrouver pour organiser les festivités du village, gérer les conflits, administrer, prévoir l’avenir…